Ce bikini est un une pièce

Une pièce, une ou deux œuvres, un texte: le projet de Bikini, espace d’exposition situé dans le 7eme arrondissement de Lyon, est aussi simple qu’efficace. N’étant visible que de l’extérieur, c’est derrière une vitrine qu’il convient d’appréhender l’ensemble: le travail de l’artiste invité en dialogue avec un texte confié à un acteur du monde de l’art. Critique ou littéraire cet écrit n’a pas vocation à décrire l’oeuvre, ni à être informatif, c’est un récit producteur de sens dans le dispositif.
Dans cet esprit, l’exposition Under Amour associe Émilie Ding et Céline Burnand qui partagent à Bikini une réflexion sur la persistance des images dans la mémoire.

red-bikini
Emilie Ding, artiste suisse défendue par la galerie Samy Abraham à Paris, propose deux œuvres pour son exposition à Bikini. Le regard se pose sur deux grands panneaux gris simplement déposés au sol et en appui, chacun sur un mur. D’imposantes formes géométriques noires y sont représentées dont les contours irréguliers semblent témoigner d’une réalisation à main levée. L’oeuvre faisant face à la vitrine est constituée de deux triangles au fini brillant; sur le mur attenant, un large trait et un rond au fini mat composent la deuxième pièce. Les premières impressions sont sommaires et invitent à se tourner vers le texte.
Sur la vitrine, des encadrements sont prévus pour accueillir le récit. Quatre pages accompagnent les deux œuvres d’Emilie Ding. En les parcourant dans l’ordre, la compréhension de l’oeuvre progresse. La deuxième page fait office de cartel : “Archétype I et Archétype II, 2013. Techniques mixtes sur ciment, 180 x 120 cm”
Ces deux informations enrichissent la perception, il s’agit de sculptures et non plus d’un travail en deux dimensions. Le rendu brut du ciment, utilisé comme support, contraste avec la précision des formes. Les œuvres deviennent comme plus pesantes.
En nommant son oeuvre Archétype, l’artiste renvoie le spectateur à la notion de modèle idéal. Ce terme peut aussi évoquer le concept d’archétype jungien, l’artiste questionnerait alors l’inconscient collectif.
Les pages suivantes restituent le récit de l’artiste Céline Burnand. L’auteure s’écarte d’un discours accadémique pour créer un récit romancé où les oeuvres ne sont jamais évoquées. Elles apparaitront au lecteur par associations au fil du texte.

« À l’abandon, ces formes stables et puissantes, stèles bâties à mains d’hommes écrasés par la chaleur étouffante. […] Le noir dense comme une pupille trop vite exposée à la lumière, un noir qui pourrait prendre le dessus, gagner enfin, contre le corps poreux qui résiste. »

La mémoire garde de l’exposition Under Amour le souvenir d’une construction qui se serait muée en objet symbolique. Il resterait alors l’image de deux plaques de ciment, d’un reflet dans la vitrine qui modifie la lecture des oeuvres, des formes noires, des phrases rapides, des mots tranchants.

Under Amour - Bikini
Vue de l’exposition Under Amour, 2014, Bikini, Lyon – Crédits: © Hugo Pernet

Under Amour, du 19 avril au 14 juin 2014
Bikini, 15 bis rue de la Thibaudière, 69007 Lyon

Emilie Ding est née en 1981 à Fribourg en Suisse. Elle vit et travaille entre Berlin et Genève. Elle est représentée par la galerie Samy Abraham à Paris.
Céline Burnand est née en 1987. Elle vit et travaille en Suisse. Elle fait partie du RATS Collectif Vevey qui organise des évènements culturels.

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